Röyksopp, trip hop norvégien

Publié le par Cabou

GENRE : Electro-libre
PAYS : Norvège
ALBUMS : Melody AM (2001), The Understanding (2005), Junior (2009), Senior (2010)
SITE OFFICIEL : http://royksopp.com
 
 
http://www.fubiz.net/wp-content/uploads/2009/02/royksopp-550x296.jpg
 
 
 
 

 

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Röyksopp (en français : vesse-de-loup) est un groupe de musique norvégien composé de Svein Berge et Torbjorn Brundtland. Leur musique est électronique (lounge) aux sonorités disco (Electroclash).
 
 
 Svein Berge et Torbjorn Brundtland ont grandi à Tromso en Norvège. Pré-adolescents, ils se retrouvent autour de la même passion pour les ordinateurs, les choses nouvelles et les équipements électroniques. Faire de la musique électronique devient alors une évidence. Ils sont fascinés par des groupes comme Kraftwerk ou The Art Of Noise. Puis l’arrivée de la house à la fin des années 1980 va faire évoluer leurs goûts musicaux.
Les deux amis participent tout d’abord à différents projets sous les noms les plus divers, comme Drum Islands, Alanïa ou Those Norwegians avec lesquels ils sortent des albums de house atmosphérique et de musique ambient. Puis,après les premières années passées à Tromso c’est à Bergen que se forme Röyksopp en 1998.
 

 

Le 1er album "Melody A.M."

 

 
http://www.agauchedelalune.com/assets/templates/fichiers_agdl/artistes/Royksopp/Discographie_Royksopp_Melody_AM_2001.jpgDigérant 30 années de musiques électroniques, Röyksopp est devenu avec son premier album Melody A.M. une référence en matière de climats ambient et downtempo.
Profitant d’une scène underground locale particulièrement active qui mélange jazz, avant garde et house, le duo enregistre en janvier 2001 son premier véritable disque, qui sort en octobre 2001. Cette production va synthétiser les deux influences des Norvégiens : l’ambient expérimentale et atmosphérique, et la house avec ses lignes de basse et ses rythmes efficaces.

Cette première production est particulièrement réussie. Tout en digérant la musique électronique des années 1970 et 80, les chansons intègrent tous les genres : la house festive et la pop baroque, le hip hop orchestral ou la bossa nova. Sur le disque ils réunissent aussi deux stars norvégiennes : Erlend Oye du groupe King of Convenience interprète les morceaux « Poor Leno » et « Remind », et Anneli Drecker, membre de Bel Canto, vient chanter sur « Sparks ».


 
Le succès public et critique va être énorme. L’album se vend à plus d’un million de copies dans le monde. Le morceau « Eple » (« Pomme ») est choisi par Tiscali, le fournisseur d’accès à internet, pour sa campagne de publicité. De longues tournées et des prestations live remarquées suivent la sortie de l’album. Ils se produisent notamment avec Moby ou Basement Jaxx, on les retrouve également en tête d’affiche au festival de Glastonbury.

La fin d’année va les voir couronner de toute part. Ils obtiennent le prix de la meilleure vidéo aux MTV Europe Awards pour « Remind Me » ; Melody A.M. sera élu Album de l’année par les magazines Rolling Stone et GQ aux Etats Unis, Jockey Slut, DJ et 7 and Ministry au Royaume-Uni, et Les Inrockuptibles en France.

Leur succès amène aussi les sollicitations. En 2003 Duran Duran les recrute pour les remettre au goût du jour et remixer leurs singles pour le marché dance. Röyskopp remixe également « Politik » de Coldplay ou des artistes aussi divers que The Streets et Felix Da Housecat.
 

 

Le second album "The Understanding", le retour à la house

 

 
http://uppix.net/2/7/a/627517fd93a0c0f658d6f41658ee6.jpgLe second album du groupe est enregistré à Bergen en 2005. The Understanding paraît sur le label electro de référence, Astralwerks. Svein Berge et Torbjorn Brundtland y assurent eux-mêmes la majorité des parties vocales. Mais l’ensemble manque de relief et les trouvailles mélodiques du premier album ont disparues, laissant place à une house plus prévisible. L’album rencontre toutefois le succès auprès du public dance.


C’est en mars 2006 que sort en édition limitée un EP live enregistré au Rockfeller Music Hall d’Oslo en novembre 2005, Röyksopp Night Out : Live EP. En 40 minutes, le disque capture l’énergie dégagée par le groupe sur scène. On retrouve sur ce disque de nouvelles versions de « Poor Leno »,  « Remind Me » et « What Else Is There», mais aussi de manière plus surprenante une reprise du groupe Queens Of The Stone Age, « Go With The Flow ».

Comme tous les musiciens électroniques, Berge et Brundtland sont des passionnés de musique. En avril 2007 Röyksopp présente sa propre sélection pour la sortie du 25ème opus de la série Back To Mine. On y retrouve les artistes les plus obscurs, mais aussi notamment le dernier morceau composé par Brian Eno pour les Talking Heads « Born Under Punches – The Beat Goes On » , et des titres de Mike Oldfield, The Art of Noise ou Funkadelic.

 

Le troisième album "Junior"

 


http://4.bp.blogspot.com/_97uU7MOhFCk/TQ5VgtXtq6I/AAAAAAAAAI4/A7KeMIuaGh8/s1600/royksopp-junior.jpgTurbulent et frétillant jusque dans son titre, Junior s’ouvre sur des éclats de rire avec Happy Up Here, premier single qui sample le funk glorieux de Parliament. Contrairement à ses prédécesseurs, Junior est presque intégralement chanté par des filles. Le groupe a recruté des voix suédoises racées : la candeur de Lykke Li (Miss It So Much), l’assurance de Robyn (The Girl and the Robot) ou encore le timbre étrange et obsédant de Karin Dreijer Andersson. La fascinante chanteuse de The Knife et de Fever Ray illumine This Must Be It et le très parano Tricky Tricky, au paroxysme de l’anxiété. Ce n’est sans doute pas un hasard si ce troisième album sort au tout début du printemps, une période de renouveau, de renaissance. Röyksopp abandonne l’hibernation et retrouve l’excitation spontanée de ses débuts. On attend déjà avec beaucoup de curiosité l’antithèse, logiquement intitulée Senior, prévue pour la fin de l’année.
 
 
Le dernier album "Senior"
 
http://3.bp.blogspot.com/_rMqNocSvSYI/TI1Vgw_cwKI/AAAAAAAAABI/1eyKxTU70KU/s1600/royksopp-senior-web-600x595.jpgPrenez " Tricky Tricky " du précédent album Junior, passez-le à la moulinette des synthétiseurs des années 70/80, ajoutez-y une pincée d'ambiance psychédélique, de sonorités mi-funky mi-disco, avec une touche d'inspiration à la Giorgio Moroder, et vous obtenez " Tricky Two ", seconde piste de Senior, le dernier opus du duo norvégien Röyksopp. Les neuf titres instrumentaux qui le composent sont plus ou moins dans la même veine. Avec Senior, Röyksopp nous replonge dans les années vintage et retrouve l'inspiration de son premier album Melodie A-M, sorti il y a neuf ans. Une décennie plus tard, Senior rompt avec l'excitation, la frénésie et l'enthousiasme de son cadet Junior. Un album, plutôt décrié à sa sortie mi-2009.

Senior, c'est l'album de la maturité, de la sérénité musicale acquise avec les années. Du coup, quelques titres sont également teintés de nostalgie et d'un brin de mélancolie. Nul cafard dans les compositions, juste une atmosphère plus sombre que la musicalité binaire des prémices électro de la fin des années 70 ne fait que renforcer. À l'écoute de certains morceaux, on hésite entre du Kraftwerk, du Vangelis ou du Jarre, voire un mix, tant les influences sont prégnantes. Mais la créativité dont fait preuve Röyksopp lui permet s'affranchir dès les premières mesures passées de ce lien avec un passé certes glorieux mais bien vieillissant. Avec Senior, Svein Berge et Torbjorn Brundtland, qui sont eux dans la fleur de l'âge, ont décidé que c'était le moment opportun pour nous faire découvrir leur face plus obscure. Poursuivront-ils sur cette voie plus proche du downtempo ?
 

Malgré le succès planétaire de Melody A.M. qui aurait fait tourner les têtes de plus d’un, les Norvégiens ont su conserver leur envie d’explorer toujours plus avant les territoires sonores. Il faut dire que Bergen, leur ville d’adoption, offre des conditions de travail particulièrement agréables pour les musiciens puisqu’ aucune industrie musicale n’est présente, et que tout se passe entre artistes.
En conservant la légèreté envoûtante et le côté ludique du premier album ils peuvent se permettre d’explorer tous les genres et montrer de nouveau l’étendue de leur talent d’expérimentateur et de mélodiste.

 
Sources : Deezer, Christophe Deniau; les inrocks, Noémie Lecoq; Trip-Hop.net, Stéphane
 
 
 
 
 

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tiopeaz 04/06/2014 15:22


merci pour ce bel article, la scène norvégienne est assez atypique je trouve.